BEG BRASLes mots anglais envahissent le web, les médias et les conversations branchées. Mais pas seulement.

J’ai un exemple tout près de chez moi ; celui d'une entreprise disposant d’une salle d’exposition, clairement identifiée par le chaland. Les mots « salle d’expo » se détachaient nettement sur la vitrine. Il y a peu, cette salle est devenue la moitié plus grande. En clair et en français standard, sa surface a doublée, vous l’aviez compris. Et devinez comment le propriétaire a cru judicieux de la nommer à présent : Show room. Cela veut dire la même chose et de plus, est plus difficile à prononcer. Qu’y-a-t-il gagné : rien ! Mais dans son esprit, il pense, sans doute, avoir franchi un palier dans la notoriété. Jouer dans la cour des grands, celles des enseignes nationales, mar plij !
Le breton dans sa modernité et sa concision peut venir au secours du français pour faire face à l’envahisseur. Par des mots expressifs et connus de tous ou des expressions bretonnes francisées ou non.mammgozh

 

Exemples :
Le buzz anglais passe-partout à tout à gagner à être remplacé par trouz, mot expressif, bien connu dans toute la Bretagne. Ou mieux, il peut se 
transformer en reuz comme l’aventure d’un homme puissant - mais pas impuissant - et d’une femme de chambre à New-York. Et si le buzz se transforme en cata. ce sera freuz. Qui dit mieux, ces 3 mots bretons courts (1 syllabe comme buzz) à 3 niveaux clairement définis contre 1 seul malheureux ( et très approximatif de +) en anglais/français.

 Autres exemples : bug : a-dreuz ; chat (prononcé comme celui de la voisine) : diviz ou tabut suivant l'intensité ;  looser : paourkaezh (plus souvent prononcé : pokez) ; shit : butun drol ; burning out : skuizh marv. Par des expressions plus imagées :  overbooké grave : à bloc Jean Floc’h ! etc., etc.

 

Il y a 4.000 mots anglais employés couramment en français, paraît-il. La langue française a été créée par l'addition des langues régionales. Par un juste retour des choses, celles-ci, et le breton en particulier, peuvent lui venir en aide si elle manque de créativité dans ces moments difficiles.

Et avec le breton, du goût on aura, sûr que c'est !

 

Hervé Lossec

SELL 'TA PIOUCHUPENN